Description
Il y a plus d’un an et demi, je commence à écrire Ce n’était pas un monstre. Malgré le titre, je n’ai aucune intention de le défendre dans ce recueil.
On attend des victimes qu’elles se taisent, mais c’est le silence qui m’empêchait de guérir. Le mien et celui de la société. Je cherche désespérément des témoignages, quelqu’un à qui je pourrais m’identifier et qui serait heureux aujourd’hui. Qui aurait réussi à laisser ce passé dans le passé. Comme si l’happy ending n’existait pas pour nous. Et cette option n’est pas envisageable. Je dois guérir. Sinon à quoi bon ?
Alors j’écris. Dans mon coin. J’écris vraiment beaucoup. J’efface beaucoup aussi (un de mes grands défauts en tant qu’auteurice). En septembre 2024, je demande à Milledya si elle accepterait de l’illustrer. J’aime sa sensibilité, sa façon d’incarner l’Amour, son honnêteté. Le travail avec elle est fluide. Pendant un an, elle réalise les illustrations, on affine les briefs, on change d’idées, et le résultat est magnifique.
En janvier, je prends mon courage à deux mains et j’en parle à Maya, qui devient mon éditrice. On se connait de loin depuis 2020, on échange 2-3 messages de temps en temps, on partage de nombreuses valeurs. J’appréhende beaucoup à peu près toutes les étapes. Ce recueil, c’est peut-être le projet qui compte le plus : bien entendu, j’aime tous mes livres, mais celui-ci, c’est presque ma dernière chance.
Pas de vivre de l’écriture ou de faire connaître mon travail. Non. Ma dernière chance de ne plus être en sous-vie. De survivre. De lui survivre. Et mon mantra devient : je renaîtrai de poésie. Ce sont d’ailleurs mes derniers mots dans ce recueil. Avant que je ne laisse la parole à une autre poétesse. Parce que pour la première fois, mon recueil est préfacé et postfacé. Et ce par nulles autres que Milledya et Laura.
Ce n’était pas un monstre parle de violences, mais surtout de guérison. Pendant longtemps, je ne voyais que le côté noirceur, le récit de ma dépression. J’avais comme oublié que l’impulsion première de ce recueil, c’était de briser le silence, revivre, et pouvoir dire que oui, on peut en guérir. Que ce sera long, que ce ne sera pas linéaire, que parfois on avance beaucoup et que d’autres fois, on fait du surplace, voire on se sent reculer.
J’ai sombré. Pendant plusieurs années, je me suis accroché·e à la seule chose qui me permettait de me sentir vivant·e : la poésie. J’ai passé des dizaines d’heures sur le canapé de mon psy cette année pour essayer de trouver un peu de lumière dans ma tête.
Je n’aurais jamais pensé publier réellement ce recueil. Et me sentir aussi bien. Ce n’était pas un monstre, c’est 206 pages, presque 10 000 mots, plus d’un an et demi de travail. Et ce n’est possible que parce que j’ai été bien entouré·e sur le plan personnel comme professionnel.
Alors merci Milledya d’avoir illustré mon recueil, Maya de l’avoir accueilli dans ta maison d’édition, Laura et Sakura pour vos bêta-lectures.
Merci à tous ceux qui l’ont précommandé ou qui le commanderont, car c’est vous qui faites vivre ce livre.



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