Avant de commencer, je ne suis pas juriste, les informations de cette sous-partie ne doivent donc pas être considérées comme un avis juridique ou une consultation professionnelle. Il ne s’agit que de la vulgarisation des textes de loi correspondant.
L’article 11 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen nous dit :
« la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ».
La liberté d’expression est donc soumise à conditions. Cette condition, c’est de ne pas exprimer une « opinion » qui serait en fait un délit. En France, cela concerne entre autres l’homophobie, le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme, etc.
Il est toujours possible de créer un personnage LGBTphobe, raciste, etc. En revanche, il serait malvenu de banaliser son homophobie ou son racisme. Il est important qu’on comprenne que ce ne sont pas des opinions. En fait, la mesure s’applique plutôt à l’intrigue de manière générale. Baser une intrigue sur des personnes LGBT qui emprisonneraient tous les hétéros serait digne des théories du grand remplacement, et indécent.
La fiction, quoi qu’on en pense, a un impact. Un tel scénario décrédibiliserait le combat de minorités qui luttent pour leurs droits. Cela revient à dire qu’elles ne cherchent pas l’égalité, mais la suprématie. Or ce n’est pas le cas.
Auteurices comme éditeurices, nous sommes responsables de ce qu’on écrit et publie. Il est de notre devoir de veiller à ne pas transgresser la liberté d’expression et d’assumer nos erreurs si par mégarde, on outrepasse cette limite.
Si volontairement ou non, nous avons écrit une histoire qui sera qualifiée de problématique par les personnes concernées – qui sont les mieux placées pour définir ce qui est offensant ou non, ce qui est ou non LGBTphobe, raciste, etc., puisqu’elles vivent l’oppression au quotidien –, la seule chose à faire est de reconnaître le tort fait et de ne pas se cacher derrière une pseudo liberté d’expression ou derrière l’argument de la fiction. Il faut s’excuser (sincèrement de préférence) et faire son maximum pour réparer son erreur. Effectivement, cela peut conduire à retirer son livre des circuits de ventes, le réécrire ou changer le texte pour la prochaine impression.