À la base, aucun de nous ne sait écrire, on apprend à former les lettres, à les dessiner sur un morceau de papier. Il en va de même pour écrire une histoire, de la première idée que vous aurez, à l’instant où l’œuvre sera achevée.
L’idée initiale qui vous guidera vous sera nécessairement inspirée par votre quotidien (ce que vous avez vu, observé, analysé, ressenti), vos lectures, votre perception du monde. Une fois que vous l’aurez trouvée, il s’agira de la rendre unique, attrayante pour læ lecteurice : en somme, il s’agit de créer une intrigue qui est du jamais-vu à partir de vos sources d’inspiration. 
Ou, pour citer Lonepsi, il s’agira en tant qu’auteurice de décrire :

« Des sensations qu’il [le public ou læ lecteurice] a déjà ressenties
Mais qu’il a difficilement retrouvé sur son chemin
Des ressentis rares qui ne peuvent s’obtenir que par le prix d’un effort
Bonheur, joie, larmes, souvenirs, inventions, limite, vide, infini, au revoir
Sans – dire adieu »

(Lonepsi, Sans dire Adieu, « Le chien et le flacon », 2018)

Autrement dit, pour amener læ lecteurice à apprécier sa lecture, à être captivé par elle, il faut soit créer quelque chose de nouveau, soit ramener læ lecteurice à des ressentis connus et peu récurrents dans sa vie.
Une fois cette première idée trouvée, il vous faudra travailler l’univers et trois solutions s’offriront à vous : créer votre propre monde, situer l’intrigue dans le monde réel que nous connaissons tous, ou mélanger ces deux solutions. Aucune de ces solutions n’est meilleure ou plus simple que l’autre. Chacune exige de connaître parfaitement les lieux, de pouvoir les présenter à læ lecteurice, de les utiliser pertinemment pour servir l’intrigue.
Puis viennent les personnages, qu’une fois encore, il faut connaître par cœur. Il faut les créer, ou au moins se les approprier, les rendre cohérents et crédibles, sans tomber dans la caricature (sauf si c’est voulu). Il faut amorcer la rencontre entre elleux et læ lecteurice, susciter une réaction chez læ lecteurice, lui faire apprécier ou détester certain·e·s personnages.
Une fois tout cela établi, il reste le style. Un long et dur labeur. Entre le dynamisme du texte, les répétitions à éliminer, les lourdeurs, les maladresses du premier jet qui seront à modifier dans le prochain, les règles typographiques à respecter, l’auteurice doit avoir beaucoup de connaissances et de talent pour livrer un premier jet parfait.
Ainsi, il est quasiment impossible d’écrire un chef-d’œuvre du premier coup. En témoignent les brouillons des grand·e·s écrivain·e·s classiques qui montrent bien qu’iels retravaillaient leurs textes, encore et encore. Et si l’écriture est le fruit d’un travail, cela signifie que n’importe qui, à condition de travailler encore et encore, est capable d’écrire.


eriel_quill

📚 Poétesse & Correctrice autdah engagée pour l'édition responsable 📚

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